REPUBLIQUE FRANCAISE               *****               DEPARTEMENT DE L'OISE

Renaturation


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Breuil-le-Vert

Agir pour des rivières vivantes

1) Pourquoi intervenir ?

2) Les altérations du lit mineur ?

3) Pose de déflecteurs " cas d'école : le Ru de la Garde "

4) Restauration d'un lit mineur - lit d'étiage " L'Arrée "

5) Bibliographie

-Nouveau- : La restauration écologique de la Brèche à Breuil le Vert (cliquez onglet à gauche) 

1) Pourquoi intervenir ?

Depuis 2000, la Directive Cadre sur l'Eau (DCE) donne des objectifs de résultats ambitieux en terme d'état ou de potentiel écologique. Or l'état des lieux du bassin Seine-Normandie réalisé en 2004 à mis en évidence que pour un grand nombre de masses d'eaux de surface, le principal obstacle au bon état écologique est un problème de qualité physique des rivières (berge et lit mineur) et donc de qualité des habitats.

Pourtant, sur le terrain, les objectifs et pratiques dites d'entretien étaient jusqu'a récemment d'ordre hydraulique (limiter les débordements ou l'érosion des berges, etc.) et paysager. Ces travaux répondaient à une vision déconnectée du fonctionnement complexe des milieux aquatiques, ces pratiques ont souvent un impact négatif sur les habitats et les espèces, et dégradent ainsi l'état écologique global des cours d'eau.

Dans le cadre de son 10e programme d'intervention (2013 - 2018), l'Agence de l'eau Seine-Normandie (AESN) s'engage à ne financer que des opérations contribuant à l'amélioration de l'état écologique du cours d'eau considéré.

               

Exemple de rivières vivantes

2) Les altérations du lit mineur

La rivière a longtemps été perçue comme un chenal devant, avant tout, évacuer vers l'aval les eaux du bassin versant. C'est pourquoi pendant des décennies, les interventions " travaux hydrauliques " conduites sur les lits mineurs ont visé essentiellement le maintien ou l'augmentation des capacités d'écoulement et ont été effectuées, le plus souvent sans diagnostic et sans tenir compte de la dynamique naturelle de la rivière. Il en résulte aujourd'hui des altérations profondes.

Cette approche a pu sembler justifiée à l'époque de l'activité des moulins, elle prônait le curage " vieux fond - vieux bords ", il en est tout autrement aujourd'hui. Depuis la dernière loi sur l'eau de 2006, l'entretien (L.215-14 du CE) a pour objectif " de maintenir le cours d'eau dans son profil d'équilibre ", intégrant ainsi que le lit mineur n'est pas figé mais est un élément d'un système dynamique " érosion - transport - dépôt " naturellement soumis à évolution.

       

Travaux hydraulique (curage) : a gauche " ruisseau " /  " rivière "

Généralement regroupées sous le terme de " chenalisation " ces interventions  anthropiques pouvaient être réalisées séparément ou collectivement :

E rectification : modification du profil en long du cours d'eau " suppression des méandres "

E recalibrage : modification du profil en travers du cours d'eau " élargissement et approfondissement "

E déplacement du lit des cours d'eau : modification du tracé du cours d'eau pour l'alimentation de moulins " lit perché "

E endiguement : modification de la hauteur de berge " merlon de curage, remblaie, artificialisation de la berge,... "

Elles étaient généralement liées à des pressions économiques " remembrement agricole, urbanisation (infrastructures notamment), lutte contre les inondations, drainage des zones humides (populiculture)... "

Ces modifications physiques sur le cours d'eau sont très dommageables pour le milieu. En effet, en plus d'homogénéiser les habitats en berges et dans le lit, l'hydrologie est perturbée par rapport à un état naturel (accentuation de la sévérité des étiages par étalement de la lame d'eau, incision du cours d'eau par accroissement de l'érosion du fond du lit en crue etc.), et les conséquences sur l'état des écosystèmes aquatiques sont très importantes.

       

Exemple de cours d'eau ayant subi des interventions multiples : rectification, surcalibrage, endiguement, curage, ect

A retenir : Au titre de la législation sur l’Eau, toute personne physique ou morale désirant réaliser une installation, ouvrage, travaux ou activité (regroupés sous le sigle IOTA) en liaison avec la « ressource eau » ou les milieux aquatiques doit vérifier si l’IOTA projeté est concerné par la nomenclature des opérations soumises à déclaration ou autorisation, en application de l’article L.214 alinéa 1 à 11 du Code de l’Environnement.


Selon les caractéristiques de l’IOTA et des seuils des différentes rubriques de la nomenclature, l'intervention relève soit de la procédure de déclaration soit de l’autorisation. Cliquez ci-dessous pour prendre connaissance des différentes rubriques.

E Travaux soumis à déclaration ou à autorisation DDT60 (janvier 2012).

3)  Pose de déflecteurs " cas d'école : le Ru de la Garde "

L'objectif ici était d'améliorer l'hydromorphologie du Ru de la Garde dans sa partie aval au niveau du chemin des Marettes situé uniquement sur la commune de Clermont. Ces travaux de restauration ont été réalisés en régie.

Afin de restaurer sa dynamique, il a été procédé à la mise en place de déflecteurs en série réalisés à partir de matériaux naturels (rémanents "fagots") en provenance de chantier de coupes d'entretien. Ceux-ci sont orientés vers l'aval et placés en quinconce où en vis à vis permettant ainsi l'apparition de veines d'eau autocurentes (faciès lotique).

 

Exemple schématique de mise en œuvre de déflecteurs et d'évolution positive attendue (Source AESN)

Dans le cadre de la phase 1, il a été procédé à la pose d'une 30 d'épis sur une distance de 280 ml de rivière. Une deuxième phase est programmé en 2013 sur une distance de 265 ml.

       

( Ponton chemin des Marettes " vue amont - vue aval " )

AVANT

          

( Ponton chemin des Marettes " vue amont - vue aval " )

APRES

4) Restauration d'un lit mineur - lit d'étiage ( L'Arré)

Réalisé sous maîtrise d'ouvrage du Syndicat Intercommunal de l'Arré, la renaturation d'une portion de la rivière l'Arré sur la commune de Saint-Just-en-Chaussée est réalisée depuis mi-avril 2013.

La rivière Arré a subit pendant plusieurs décennies une rectification de son tracé et un recalibrage pour la protection contre les inondations, le développent de l'agriculture.

La portion de l'Arré concernée, située en milieu urbain et sujette à un très fort élargissement (eaux stagnantes, envasement), est renaturée. L'objectif est de retrouver un gabarit adapté à ses débits permettant la reconquête d'un fonctionnement plus naturel et d'une richesse écologique disparue.
 

       

Vu des différents secteurs

Plusieurs type d'aménagements sont réalisés pour permettre la restauration global du secteur et exposer les différentes techniques :

E Rétrécissement du lit mineur et création de banquettes                                               E Développement de végétation rivulaire

E Plantation d' hélophytes, d'arbustes et d'arbres                                                             E Terrassement pour reconstituer des pentes douces

E Protection des berges en techniques végétales (boudins d'hélophytes, fascinage et tressage de saule).

Exemple schématique avant - après

Exemples d’aménagement (source : Agence de l’eau Rhin Meuse).

Ces aménagements sont réalisés par entreprise. Il s'agit de la société AREMA.

           

Aménagements en cours de réalisation :

A gauche " tressage, talutage pente douce " / Au milieu " boudin d'hélophytes " / A droite " vu aval travaux en cours avec présence de déflecteurs "

5) Bibliographies :

- Plaquette ONEMA : Hydromorphologie : pourquoi restaurer les rivières ? (cliquez sur le lien)

- Plaquette ONEMA : Hydromorphologie : quelles sont les actions possibles ? (cliquez sur le lien)

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